TRICENTENAIRE

PIERRE NOGARET

1718 - 1771

Chaise Louis XV estampillée Pierre Nogaret

MA PRODUCTION

Ma production s’étend chronologiquement de 1745, date de ma maîtrise, à 1771, soit  une période de 26 ans. Elle est pour ainsi dire tout entière de style Louis XV, je n’ai pas produit de sièges néoclassiques. Elle est constituée principalement de chaises et de fauteuils à la reine (dossier plat) ou en cabriolet (dossier en hotte), de canapés, de sièges d’enfants, mais aussi de duchesses, brisées ou non, ainsi que de différents objets techniquement assimilables aux sièges comme les lits, les écrans de cheminée et les escabeaux de bibliothèques.  

On distinguera deux grandes étapes identifiables principalement par le tracé de la traverse supérieure du dossier des sièges.
Typologie chronologique d’après le tracé de la traverse supérieure du dossier. L’évolution s’est faite du plus complexe au plus simple.
Certes on rencontrera quelques modèles atypiques dont voici des exemples qui se trouvent validés par le recours à des gabarits communs.
La chaise à barrettes de gauche est construite à partir de gabarits très proches de ceux de celle de droite.
Les points de rupture se situent aux mêmes endroits.
Chaise atypique à dossier plat qui laisse entrevoir les gabarits de Nogaret sous un très riche décor de courbes et de contre-courbes. Ventre Drouot-Richelieu, Ader-Nordmann, 22 juin 2018 (un siège de la même série a été vendu au palais Galliera le 2 mars 1972).
Chaises à barrettes dites "bernoises".
Par l’acte de vente du fonds à Nicolas Parmantier, on sait que je travaillais pour l’étranger, notamment pour la Suisse, ce qui explique la présence de chaises à barrettes bernoises dans ma production. 

J’ai également produit des sièges en bois doré comme les larges fauteuils à châssis du musée Gadagne à Lyon ou le salon du château de Bisseret (Allier).
A gauche fauteuil cabriolet en bois doré du château de Bisseret (à Lavault-Sainte-Anne, Allier) (photo
Sotheby’s, Londres, 2003) ; à droite, modèle identique en noyer naturel (photo Antiquités Franck Baptiste).
Comme mes confrères lyonnais, j’ai renforcé la ceinture de mes sièges en cabriolet par une barre de renfort et aminci (ou « élégi ») la ceinture afin d’en alléger le poids.
Elégissement de la ceinture.
Montage de la barre de renfort.
Traverses élégies sur tous les cabriolets et barre de renfort sur les cabriolets garnis seulement.
On notera par ailleurs que les bois auxquels j’avais recours ont quelque peu évolué : dans un premier temps j’ai travaillé le hêtre et le noyer, puis progressivement je suis passé au seul noyer.  

Parmi les traits caractéristiques de ma production figure en particulier un ergot triangulaire, qui n’apparaît que sur la ceinture de certains sièges à la reine et constitue une propriété exclusive.
Ergot caractéristique constituant une propriété exclusive.
De même, la console d’accotoir bilobée (c’est-à-dire comportant une saignée longitudinale) est une propriété extrêmement rare dans ma production, alors qu’elle se retrouvera assez fréquemment chez mes confrères comme Canot ou Levet.
Consoles d'accotoir bilobées, rares dans ma production.

COLLECTIONS PUBLIQUES

  • Cathédrale St Michel, Carcassonne : un fauteuil garni à dossier plat (MH)
  • Fondation Tatiana Zoubov, Genève : une paire de chaises en cabriolet
  • Maison Mantin, Musée Anne de Beaujeu, Moulins : deux fauteuils à dossier plat garnis
  • Musée d’Art et d’histoire, Genève : un fauteuil d’enfant canné, une ottomane
  • Musée de Cavaillon : un fauteuil garni à dossier plat
  • Musée de Chaâlis (Oise), Institut de France : une duchesse
  • Musée des Arts décoratifs (UCAD), Paris : une chaise à dossier plat cannée et un fauteuil
  • Musée du Louvre, Paris : quatre chaises à dossier plat, voyeuse en gondole (legs baronne Gourgaud)
  • Musée lyonnais des Arts décoratifs, Lyon : un ensemble de salon garni en cabriolet (legs Baboin-Jaubert), un fauteuil garni en cabriolet (Brillat-Savarin)
  • Musée Nissim de Camondo, Paris : un canapé et quatorze fauteuils
  • Musées Gadagne, Lyon : fauteuils à châssis en bois doré, chaises à dossier plat et chaises en cabriolet

COLLECTIONNEURS PRIVES

  • Adolphe Appian (1818-1898), était un peintre paysagiste de l’Ecole de Morestel. Il eut un fils, Jean-Louis Appian (1862-1896), également peintre de paysages. – Un fauteuil en cabriolet à décor de faisceaux enrubannés.
  • Marc Barbezat (1913-1999), fondateur de la revue L’Arbalète en 1940, il publiera des auteurs d’avant-garde, comme Antonin Artaud et Michel Leiris, et sera le premier à éditer les écrits de Jean Genet. – Six chaises à dossier plat et à châssis.
  • Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826), avocat et magistrat, sera le grand théoricien de la gastronomie, notamment par son ouvrage « Physiologie du goût » (1825). – Fauteuil en cabriolet (Musée lyonnais des Arts décoratifs).
  • Moïse de Camondo (1860-1935), banquier parisien dont les ancêtres avaient été anoblis en 1867 par roi d’Italie Victor Emmanuel II ; il dédiera à la mémoire de son fils Nissim, tombé au combat en 1917, le musée constitué à partir de ses collections. – Trois fauteuils en cabriolet cannés.
  • Etienne Parrocel (1696-1775), peintre français né à Avignon et mort à Rome. C’est lui qui aurait commandé des sièges à Nogaret. – Fauteuil canné à dossier plat.
  • Henri Poincaré (1854-1912), était un célèbre mathématicien, membre de l’Académie française et cousin de Raymond Poincaré, qui fut président de la République. – Paire de fauteuils garnis à dossier plat.
  • Comtesse Rosario Julia Zoubov (1892-1984), d’origine argentine, elle crée à Genève une fondation au nom de sa fille Tatiana († 1957) pour y recueillir ses collections d’art. – Paire de chaises en cabriolet garnies.
Une des six chaises de l'ancienne collection Marc Barbezat (documentation Jean-François Régis, Antiquités, Bruxelles-Paris).
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